Entretien avec Kathy Le Vavasseur, artiste plasticienne sculpteure.

En septembre dernier, La Fondation WRP a accueilli en ses murs les oeuvres de Kathy Le Vavasseur.
L’exposition intitulée « Paysages de Passages » a mis en avant un travail de grande maîtrise sur divers matériaux.
En recherche expérimentale constante, l’artiste française modèle, sculpte la céramique, le verre, ou le textile en des formes fluides et harmonieuses.
Son inspiration plonge dans les eaux des fleuves Mékong, Gange, symboles de purification, changements d’état et métamorphose pour la nature et l’être humain.
 
L’entretien qui suit s’est tenu à la Fondation WRP durant la Geneva Art Week.

1) COMME MARGUERITE DURAS, VOUS AVEZ VU LE JOUR AU VIETNAM, A SADEC, SUR LE DELTA DU MEKONG. QUELS SOUVENIRS GARDEZ-VOUS DE CETTE ÉPOQUE, NOTAMMENT LA NATURE ET L’ARCHITECTURE DES LIEUX ?

Nous avons vécu à deux époques différentes et pourtant lorsque j’ai découvert ses écrits plus tard, notamment son livre « L’Amant » j’étais frappée par ses descriptions et la similitude de notre ressenti sur ce paradis terrestre : un territoire d’eau, des arbres fruitiers à profusion, la délectation d’une mangue…le parfum des herbes, les grandes étendues de rizières vertes inondées, d’où émergeaient parfois la tombe blanche d’un ancêtre…
La maison de L’Amant, n’est pas loin de notre maison et se situe sur la même rive avec une vue imprenable sur le fleuve. Je conserve en mémoire toute l’architecture de ce lieu, ses paysages…Il y a une lumière si particulière sur les eaux limoneuses. Je m’y baignais et fusionnais avec cet environnement. Je naviguais sur ce fleuve des 9 dragons pour m’enfoncer dans les bras du Mékong…
Tout le pays est fait de lignes et de courbes. D’ailleurs quand on regarde la vue aérienne du pays, on a une forme en S.

2) VOUS AVEZ GRANDI DANS UNE FAMILLE MULTICULTURELLE. VIETNAM, ITALIE, FRANCE. AVEZ-VOUS VÉCU UN CHOC DE CULTURES EN ARRIVANT À PARIS ? AVEZ-VOUS RÉUSSI À HARMONISER TOUTES CES INFLUENCES DANS VOTRE VIE, VOS VALEURS ?

Le déracinement reste un sujet douloureux. Lorsque l’exil a été obligatoire à la fin de la guerre, j’ai quitté le Vietnam à un âge ou on éclot et bourgeonne, se construit…Cela a été une joie puis un choc même si mon parcours dans l’enseignement français me préparait déjà à quitter le Vietnam pour mes études supérieures en France.
Étant la plus jeune d’une fratrie de six, on pourrait croire que mon adaptation serait avec grande facilité. C’est vrai pour la langue et de l’apprentissage, mais apparemment je suis restée la plus marquée par cette rupture de vie et d’environnement qui a causé pendant longtemps une crise d’identité, un genre de regret nostalgique d’un temps passé mais à jamais non accompli.
J’ai d’abord renié mes origines, pour pouvoir m’adapter à la France puis bien plus tard un voyage au Vietnam après 18 ans de séparation m’a complètement réconcilié et à partir de là, à prendre la mesure et la chance d’avoir la richesse de cette triple culture dont je profite avec gourmandise et fierté.

3) LA VOIE ARTISTIQUE S’EST ELLE IMPOSÉE À VOUS TRÈS TÔT ? SI NON, ? QUELS ÉTAIENT VOS RÊVES DE PETITE FILLE ?

A l’âge de 3-4 ans, j’avais la certitude que la danse et moi pouvions fusionner, physiquement très souple, voire laxe, j’avais ce sens inné… Hélas dans cette contrée, il n’y avait pas d’école professionnelle et à cette époque, on ne faisait pas attention à ce genre de désir. Affaire close.
Plus tard, cela s’est présenté une deuxième fois en France, j’étais plus âgée et l’orientation s’apprêtait à me pousser vers une voie manuelle, mais cela ne s’est pas fait encore une fois à cause d’un véto paternel, pourtant sculpteur et designer. Je me suis rattrapée plus tard, la troisième fois était la bonne.

4) VOUS AVEZ ETUDIE A L’ÉCOLE DES BEAUX-ARTS FRANÇOISE CONTE ET VOUS AVEZ ACQUIS DIFFÉRENTES TECHNIQUES APPLIQUÉES À UNE LARGE PALETTE DE MATÉRIAUX. VOTRE ÉCLECTISME EXPRIME UN BESOIN VITAL DE LIBERTÉ DANS L’EXPRESSION. EXPLIQUEZ-NOUS CE RAPPORT ENTRE LA CRÉATION ET LA LIBERTÉ.

Là, c’est la troisième fois que la vocation s’est rappelée à moi. J’ai quitté un travail et une nouvelle ère allait s’ouvrir avec cette école. Oublier ses repères, lâcher prise et renaître ; J’ai eu la chance d’avoir avec un professeur qui incitait à explorer et repousser ses limites. Oser tout et expérimenter était les maîtres mots. Ça a été de vrais moments de liberté de création. J’ai vite pris le pli, depuis j’explore les matières en les poussant jusqu’à l’extrême limite, les techniques chaque fois que j’en ressentais la nécessité, cela me donne une grande liberté pour créer.

Genèse

Sculptures, 2025. Grès, patine acrylique, pigment. 70x30x29cm, jaune 32x16x11cm, 45x17X11cm, 21xH51cm, H71x27x22cm.
Crédit photo : Thomas Deschamps

Translocation

Un langage imaginaire. 2021-2025 Installation murale modulable.1,60 x 1,80 m. Eléments uniques de 34 x 6 x 15 cm. sculpture et modelage. Faïence, nérikomi,
Crédit photo : Thomas Deschamps

Mue Evanescence

2024 – Suspension de sculpture souple. Voile de textile, résine, fil de pêche, barre acrylique. 98X32X34 cm.
Crédit photo : Thomas Deschamps 

Irregular galaxy

Sculpture. 2022. Verre filé. Fond photo imprimé en sublimation sur aluminium. Encadrement aluminium. Tondo 60x60x3cm.
Crédit photo : Thomas Deschamps

5) A LA FONDATION, VOUS EXPOSEZ PLUSIEURS PIÈCES ISSUES DE SÉRIES CRÉÉES CES 5 DERNIÈRES ANNÉES. LEURS TITRES SONT INTRIGANTS : GENÈSE, TRANSLOCATION, MUES. A QUELS DOMAINES FAITES-VOUS RÉFÉRENCE ?

Dans l’exposition, Il y a des pièces plus anciennes encore mais qui sont fondatrices dans mon travail. Je tiens à les exposer pour illustrer mon cheminement.
Qu’elles soient anciennes ou nouvellement créées pour l’espace elles font référence à la notion de naissance et de renaissance.
J’explore la notion de « A L’ORIGINE DE » et son processus pour s’accomplir, les instants et les étapes de la métamorphose. « Genèse » a trait à quelque chose qui est en train de se construire et de naître, « Translocation » est un mot emprunté à la science et qui parle du processus de mutation des cellules, du code ADN, « MUES » évoque la transformation et de la renaissance.
Mais tout ramène métaphoriquement à l’individu, à son identité influencée par l’environnement dans lequel il se trouve, opère le changement en lui et détermine son devenir.

6) EN REGARDANT CHACUNE DE VOS PIÈCES, LES PREMIÈRES IMPRESSIONS SONT LA LÉGÈRETÉ, L’ÉQUILIBRE, ET LA FRAGILITÉ. VOTRE MAÎTRISE TECHNIQUE Y JOUE UN RÔLE ESSENTIEL LA CÉRAMIQUE, LE VERRE OU LE TEXTILE SONT-ILS MALLÉABLES À L’INFINI ?

Dans ma démarche, Je suis très expérimentale…je pousse une matière jusqu’à la rupture parfois…Pour cela il faut apprendre auprès des maîtres, et c’est le cas pour la céramique et le verre. Il faut aussi expérimenter beaucoup et se libérer parfois des contraintes techniques pour emprunter d’autres chemins. Certaines œuvres en céramique ont nécessité 2 années de recherche pour atteindre des tailles plus imposantes. La terre est malléable mais exigeante, une fois cuite elle est quasi éternelle et n’est plus manipulable. Contrairement au verre qui peut être refondu avec un feu de 600 à 1000°.
La matière textile est très différente des deux premières. Elle se manipule à l’infini, à froid. Elle est aussi très malléable, se combine avec tout. Mon passage dans le textile a sans doute joué dans la façon de créer avec des matériaux lourds en exigeant la même souplesse, en reproduisant les courbes, lignes et les drapées.
Je crois à la maîtrise technique pour atteindre aussi une liberté de création et d’expression.

7) ALORS QUE LES ARTS DE LA TERRE ET DU FEU ONT ÉTÉ PENDANT DES SIÈCLES EXCLUSIVEMENT DÉCORATIFS, LES ARTISTES CONTEMPORAINS POUSSENT LES LIMITES DE CES MATÉRIAUX TECHNIQUEMENT ET DANS LES FORMATS AFIN D’EXPRIMER DES THÉMATIQUES EN LIEN AVEC L’HUMAIN ET LA NATURE. DANS VOTRE TRAVAIL LA MÉTAMORPHOSE, LE MOUVEMENT, L’ÉVOLUTION DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’ÊTRE HUMAIN SONT RÉCURRENTS. RACONTEZ-VOUS DES PASSAGES DE VIE PERSONNELLES, DES SOUVENIRS, DES VOYAGES ?

Bien que formée par des maîtres céramistes et verriers, je suis expérimentale, j’aime détourner et pousser le matériau au-delà de sa fonction première. Bon nombre de mes créations sont issues d’expérimentation mais aussi de rencontres avec la matière.
Je ne prémédite pas mes créations, la matière me guide instinctivement jusqu’au surgissement de l’œuvre. Parfois c’est rapide, mais souvent c’est assez long et prenant. C’est ainsi que je peux permettre à ce qui est primitif ou inné d’apparaître.
Oui, comme je l’ai évoqué précédemment, je m’imprègne sans doute de mon histoire intime, de l’atmosphère des lieux où j’ai vécu ou que j’ai traversées. Mes voyages m’ont nourri. Vivre en partie en Bretagne sur les bords de l’Odet, être née au bord du Mékong, mes inspirations d’Inde…Et venir exposer à Genève, une ville au bord de l’eau me ramène sans cesse vers cet élément qui m’a toujours accompagné avec toute sa métaphore et symbolique de la renaissance, du sacré, de la guérison, de la vie.

8) VOUS AVEZ PRATIQUÉ LA DANSE . TRANSPOSEZ-VOUS L’ESTHÉTIQUE DE CET ART DU MOUVEMENT DANS LA CÉRAMIQUE, LE VERRE OU LE TEXTILE ? A QUEL NIVEAU VOTRE CORPS EST IMPLIQUÉ DANS L’ACTE CRÉATEUR ?

J’ai pratiqué de la danse moderne de façon amateur. Comme l’acte de création, les moments de la danse sont pour moi une fusion des sens : le mouvement corporel, l’ouïe, la vue, le toucher.
J’ai le besoin de manipuler la matière, elle est souvent souple et malléable, se conforme et se plie sous l’effet de mes mains. Gestes et matières fusionnent.
La matière peut être légère comme le textile qui se courbe et se déchire, le verre fragile fond sous l’effet du feu, se sculpte. La terre est souple mais lourde et massive, demande une certaine force physique pour être modelée pour lui donner un aspect finalement assez aérien.
Mon passage dans l’univers du textile a sans doute joué dans la façon de donner à tout ce que je manipule pour donner de la souplesse, des courbes et plis, des sinuosités, des jonctions et séparations…

9) PARLONS ESTHÉTIQUE : VOUS DONNEZ A VOS OEUVRES EN CÉRAMIQUE DES FORMES PURES, SOBRES, SOUPLES, AVEC UN CHOIX DE TEINTES DOUCES (BLEU, JAUNE, BEIGE, OCRE), LES OEUVRES TEXTILES SONT CHATOYANTES ALLANT DE LA COULEUR CHAIR A DES TONS TRÈS VIFS (ROSE, VIOLET, BLEU INTENSE). QUEL RÔLE JOUE LA COULEUR DANS VOTRE PROCESSUS ?
Je ne considère pas que les couleurs ne jouent qu’un rôle esthétique. Elles sont là par nécessité et très liées au sujet du moment.
Les couleurs sobres comme le blanc ou l’ocre de la céramique avec un effet matière voulu comme le ponçage-lissage à l’extrême donne le soyeux et le velouté, évoque l’os, la structure de l’être pour « Circum colonne » ou le totem « Food for the soul » ; les lignes bleues, une écriture dans « Translocation » installation murale ; la transparence de l’eau, invoque le liquide, l’organique, la fragilité ; la couleur chair, la peau ou les peaux puisqu’il s’agit de « Mues », une métamorphose, une mutation humaine ou animale qui abandonnent leur mue pour se renouveler, renaître…

10) CERTAINES DE VOS OEUVRES SONT CONSTRUITES À PARTIR DE MATÉRIAUX RECYCLÉS, COMME DES COLLANTS, DE LA RÉSINE, DES FRAGMENTS D’IMAGERIE MÉDICALE ET MÊME DES CHEVEUX ! EXPLIQUEZ-NOUS LA MANIÈRE DONT VOUS LEUR DONNEZ UNE ESTHÉTIQUE EN “EFFAÇANT” LEUR UTILITÉ PREMIÈRE :

Comme je l’ai évoqué, ce n’est pas l’esthétique qui guide ma création, même si effectivement on peut produire une œuvre moche et si elle est plaisante à regarder c’est tant mieux.
C’est la rencontre avec une matière qui guide mon expérimentation.
Dans une première phase de mes recherches qui s’étend sur une période de 20 ans environ, les chutes de collant sont élues pour leur élasticité et pour rappeler l’effet la peau mouillée, pour les rituels de la purification dans le Gange, les cheveux associés à ces chutes de collant relatent toute la spiritualité des femmes et des hommes dans cette contrée, de la vie à la mort. La transformation de l’être en se plongeant dans le fleuve Gange. Sont issus des tableaux textiles et des sculptures en céramique.
Pendant le confinement en 2020, vivant une époque spéciale de grand changement comme pour tous, une deuxième phase de création m’a amené à travailler sur la notion de la métamorphose, la mutation et la transformation. Les « Mues » sont nées et ont fait écho avec l’époque que nous avons vécue. Les œuvres ont pris la forme d’une mue humaine ou animale qui traduit le renouvellement, la transition : accepter de laisser ce que nous avons été pour devenir autre.
Je pourrai citer une phrase de Jacques Lacan : « Je n’ai été ceci que pour devenir ce que je puis être »

Quant aux imageries médicales, ce sont les miennes et celles de ma famille puis d’autres ont été récupérées. Des radios ratées pour la plupart. Le support m’a attiré par sa brillance de la profondeur du noir soulignée de traits bleu fluo-néon qui évoquent pour moi à la fois l’obscurité, le mystère d’une intériorité mais aussi d’une infinitude apaisante, d’autres paysages cosmiques.
Le verre filé que je fusionne au feu de chalumeau à 1000 degrés pour fondre et créer des sculptures, donner à voir le corps sous un autre angle.
Ici c’est la beauté et la préciosité du corps qui rejoignent le cosmos. Un morceau d’étoile tombe et la vie est créée… Les étoiles et la terre se rejoignent.

La notion de récup et réutilisation pour une écologie de la création est arrivée ensuite. J’ai ainsi bénéficié d’une campagne sur Instagram initiée par une société de vente en ligne de collants pour appeler à renvoyer les collants déchirés et destinés à être réutilisés à des fins créatives.
J’ai aussi bénéficié d’un lot important d’imageries médicales d’anonymes, la plupart du temps des radios ratées. Même les chutes de ces radios sont réutilisées pour trouver une nouvelle vie dans une œuvre qui va s’appeler « Fractal », à suivre…

11) ARCHITECTURE, URBANISME ET DESIGN SONT LES TROIS PILIERS FONDATEURS DE LA FONDATION. Y A T’IL UN DOMAINE QUI RÉSONNE PLUS AVEC VOTRE TRAVAIL ? PARMI VOS PROJETS, TRAVAILLEZ-VOUS SUR DES INSTALLATIONS DE GRANDS FORMATS POUR DES INSTITUTIONS OU COMMANDES PRIVÉES ?

Nous avons évoqué le lieu de ma naissance. Bercée par le Mékong et plus tard chahutée par l’exil…
Plus tard, bercée par la mémoire de ce lieu, de la lumière sur l’eau, l’eau qui m’accompagnera toujours dans mon travail sous toutes ses formes : organique ou mouvements, flux vital…
Je crée des volumes qui racontent les moments de la transition et du passage, autant au niveau spirituel qu’au niveau de la matière : strate, superposition, soulèvement géologique, multiplication, élévation…des histoires compilées.
Le lien de mon travail avec l’architecture réside dans cette façon de travailler, construite et organisée en se permettant plein de liberté, en utilisant des matériaux et des techniques qu’on retrouve dans la construction, le design. Grainées, veloutées, sablées, mes œuvres invitent à la géologie, l’archéologie et résonnent avec l’urbanisme.
Dans mon travail, je façonne, construis et structure. Je fragmente et recompose. Sur un même module, je peux créer des variations à l’infini comme avec l’installation murale « Translocation ». Chaque œuvre se conjugue avec l’éclairage, le jeu d’ombre et de lumière.
Et c’est toujours en lien avec le territoire, l’intime et la mémoire. Comme en architecture, un bâti doit tenir compte de l’empreinte du lieu, de sa mémoire et de sa projection dans le futur.
Je mène des projets pour développer et proposer des œuvres dans un autre matériau comme le bronze dont vous trouvez quelques exemples à l’exposition, en acier Corten ou encore en inox poli miroir.
Ainsi mes planches de simulation 3D (à l’étage mezzanine) démontrent ma capacité à proposer des œuvres de plus grande taille en commande, pour les espaces publiques ou structures privées comme les hôtels, jardins, sièges de société.
Ce seront mes prochains développements en parallèle de mon art. Cela justifie l’importance de la monstration de mon travail, mes « Paysages de passages » à la Fondation WRP, qui se situe au carrefour de l’architecture, de l’art et du design.

LES PAYSAGES DE PASSAGES NOUS INVITENT AU VOYAGE, A LA CONTEMPLATION SUR LA NATURE ENVIRONNANTE, À NOUS RECONNECTER A LA TERRE DONT NOUS SOMMES ISSUS ET À LAQUELLE NOUS RETOURNONS AU FINAL, LE COEUR ET L’ESPRIT BALLOTÉS ENTRE PASSÉ (LES SOUVENIRS, LA NOSTALGIE) ET LE DEVENIR EN MARCHE CONSTANTE (TRANSFORMATION, MUTATION, ADAPTATION). LES ARTISTES TELS QUE KATHY LE VAVASSEUR NOUS INVITENT À UN STOP SUR IMAGE POUR UNE PAUSE POÉTIQUE ET BIENFAITRICE DANS UN MONDE TUMULTUEUX.
J’AIMERAIS CONCLURE SUR CETTE CITATION DE ALBERT SZENT-GYORGIS, PRIX NOBEL DE MÉDECINE ET DE PHYSIOLOGIE (1937) “LA VIE EST DE L’EAU DANSANT SUR LA MÉLODIE DES SOLIDES”. CES MOTS NOUS PORTENT NATURELLEMENT VERS LA PERFORMANCE DANSÉE ET IMPROVISÉE DE FLORINE FOUCAULT QUI A COLLABORE ETROITEMENT AVEC KATHY LE VAVASSEUR. ENTRE ELLES DEUX, UNE CONNIVENCE ET FUSION ARTISTIQUE TOTALE TELLES DES AMES SŒUR.

« Venir performer au cœur des œuvres de Kathy Le Vavasseur, c’est faire fusionner immuable et éphémère, plasticité et corporéité, mouvements suggérés et mouvements vécus. Passer à travers chacune de ses créations comme au travers des divers paysages internes du corps. Mouvements cutanés, musculaires, aériens, liquides, osseux. Chaque œuvre est une invitation à m’immerger dans chaque matière corporelle, danser la création puis l’abandon de mes propres mues, symboles des épreuves de passage qu’offre la vie. » Florine Foucault, Danseuse

Waves
Sculpture. 5 strates. Grès. 94x18x37 cm. 2014
Crédit photo : Bernard Galeron